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avis de P.Adnot(déc10-sept11)

Présidentielle / Philippe Adnot s'engage en faveur de François Bayrou

Publié le mardi 31 janvier 2012 à 10H20

Philippe Adnot :

Philippe Adnot :


Le sénateur et président du conseil général confirme qu'il ne soutiendra pas Sarkozy. Il fait le choix de Bayrou, mais sans adhérer au MoDem

 

C'est un pavé dans la mare politique auboise. Jamais encarté jusqu'à ce jour, Philippe Adnot montre une nouvelle fois qu'il est libre de ses positions et de son vote en s'engageant en faveur de François Bayrou. Et il s'en explique.
Ce n'est un secret pour personne, Philippe Adnot n'a pas apprécié la réforme des collectivités territoriales menée par Nicolas Sarkozy. Voilà quelques mois, il en tirait la conclusion qu'il ne voterait pas en faveur de l'actuel chef de l'État lors de la prochaine élection présidentielle.
Aujourd'hui, il confirme ce choix et va au-delà en définissant précisément ses raisons. « Je n'ai pas apprécié ses méthodes de gouvernement, les nominations politiques à la tête de certaines chaînes de télévision, ou encore la récompense de la trahison avec Besson qui prend du galon alors qu'il était conseiller de Ségolène Royal. C'est insupportable. Je n'apprécie pas non plus que Fillon parle à juste titre de faillite de la France alors que Sarkozy refuse même de parler de rigueur », indique le président du conseil général.

« Le seul capable de rassembler »


S'agissant de la réforme des collectivités, il n'a pas aimé « la perte de l'autonomie fiscale et la mise en place des conseillers territoriaux ». Il n'a pas aimé, non plus, la réforme de l'intercommunalité « avec laquelle tout le monde doit passer sous la même toise. » Il n'apprécie pas non plus la remise en cause de la clause de compétence générale « sans laquelle on n'aurait jamais pu créer l'Université de technologie. » Enfin, Philippe Adnot critique une gestion qui a gonflé la dette de la France de 500 milliards en quatre ans « surtout destinés aux dépenses de fonctionnement », avec un RSA qui fait de nombreux Français « des assistés ».
Le président du conseil général ne conteste toutefois pas tout le bilan de Nicolas Sarkozy et reconnaît que la réforme universitaire était fondée, tout comme celle des retraites.

« Une analyse lucide »


Une fois tout cela énoncé, Philippe Adnot a commencé une démarche d'élimination. « Je pense que Villepin, Dupont-Aignan et Morin n'iront pas jusqu'au bout de leur démarche », confie-t-il. Alors qui ? Pas question pour lui de voter pour Marine Le Pen ni pour François Hollande. Et, dans la mesure où il rejette un vote pro-Sarkozy, il reste François Bayrou.
Sauf que ce qui pourrait apparaître comme un vote par défaut est devenu un vote d'adhésion. « Bayrou est aujourd'hui le seul capable de rassembler autour de bonnes idées. La situation nationale mérite des efforts et un consensus qui dépassent tous les clivages actuels. Il faut mettre les positions partisanes de côté », affirme le président du conseil général qui ne se dit pas pour autant centriste, et qui n'a pas non plus la volonté d'adhérer au MoDem.
Pour en avoir le cœur net, il a rencontré François Bayrou mercredi dernier durant une heure. Et il a échangé avec un candidat « qui a une analyse lucide de la situation économique et de notre endettement. »
Philippe Adnot ne votera donc pas comme François Baroin, « ce qui ne nous empêchera pas de continuer à travailler ensemble. »
Quant au reste, autrement dit les législatives, il souligne qu'il soutiendra Jean-Claude Mathis et François Baroin… mais pas Nicolas Dhuicq.

 

presaube

Jean-François LAVILLE 

Les avis de P.ADNOT sur la réforme ( articles EST ECLAIR  décembre 2010 et septembre 2011)

 

Avis de Philippe ADNOT  en décembre 2010

 

Avis de Philippe ADNOT en septembre 2011 qui réaffirme son opposition à ce projet

 

Philippe Adnot outré par l'accélération du projet

Philippe Adnot : « Le gouvernement serait bien inspiré d'être plus modéré  sur ce dossier »

Philippe Adnot : « Le gouvernement serait bien inspiré d'être plus modéré sur ce dossier »


Aube- À l'approche des élections sénatoriales, le président Adnot dénonce une nouvelle fois la réforme des collectivités voulue par Nicolas Sarkozy

 

Dimanche, les grands électeurs - maires, conseillers généraux, régionaux… - vont voter pour renouveler la moitié des sénateurs. 71 890 électeurs pour 170 sièges dans 44 circonscriptions. Une élection d'autant plus importante que cette assemblée pourrait, pour quelques sièges, basculer à gauche, ce qui serait une première en France.
L'Aube n'est pas concernée par cette élection, ses deux sièges de sénateur devant être renouvelés dans trois ans. Pour autant, le sénateur Adnot souligne que, si la majorité risque de changer de couleur, « c'est notamment en raison de candidatures dissidentes, et notamment à Paris ». Il ajoute que la gauche a gagné un certain nombre de communes lors des dernières élections municipales, « ce qui augmente de fait le nombre de grands électeurs de gauche ».
Mais finalement, que changerait un Sénat majoritairement à gauche ? « Les votes conformes entre Assemblée nationale et Sénat seraient moins fréquents. Mais ça n'empêcherait pas le pouvoir de fonctionner dans la mesure où la décision finale revient à l'Assemblée nationale », confie Philippe Adnot.
Pas de véritable contre-pouvoir alors ? « Le véritable contre-pouvoir se situe dans la liberté des parlementaires. C'est une situation que je revendique. » Mais quand même, un Sénat à gauche serait « un coup de tonnerre, une indication politique à l'approche de la présidentielle, même si ce n'est pas le même corps électoral, même si on ne peut pas en tirer de conclusions ».

DSK et le sexe faible


Et puis, il ne saurait oublier un dossier qui va peser lourd dans cette élection, à savoir la réforme des collectivités territoriales et la mise en place du conseiller territorial. Une réforme qu'il a toujours critiquée, au point de l'amener à ne pas voter en faveur de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012.
« Le texte n'est pas bon. Le gouvernement serait bien inspiré d'être modéré sur ce projet », lance le sénateur aubois. Et de dénoncer une récente proposition parlementaire qui vise à organiser des conférences entre départements et régions avant même l'élection des conseillers territoriaux.
« Je suis outré devant l'accélération du process qui ne respecte même pas les nouveaux élus », poursuit cet élu « libéral et modéré » qui, dans l'attente des candidatures dans son « courant de pensée », se refuse à toute confidence sur son vote de mai 2012. Si ce n'est en lâchant entre deux phrases le nom de François Fillon, lequel l'a reçu récemment en priorité pour évoquer le projet de règle d'or…
Seule certitude, Philippe Adnot, qui revient d'un déplacement au Venezuela où il a mis en place un groupe d'amitié et où il a évoqué l'œuvre de… Jaurès, ne votera pas à gauche. Ça ne l'empêche pas de livrer aujourd'hui son regard sur la mise hors course de Dominique Strauss-Kahn. « On peut avoir deux sentiments sur cette affaire. On peut dire qu'il est dommage que ça l'ait empêché de participer à cette compétition car il aurait pu être utile dans le débat. Mais on peut se réjouir qu'il n'y aille pas. Car un président de la République, aussi faible devant le sexe faible, aurait pu être influencé dans ses décisions ». CQFD.

Jean-François LAVILLE