Vivre dans le Nogentais(Avant-lès-Marcilly et environs)

Montée précarité Nogent/Seine

 

          Un article de notre quotidien EST ECLAIR

 

                du 09 décembre 2010 qui nous interpelle

    Merci à ce "quotidien" pour la rédaction de ses    articles qui présentent une réalité                                         

 

De plus en plus de familles plongées dans la précarité

Malgré l'ouverture d'une nouvelle matinée de distribution, les locaux des Restos  du cœur n'ont pas désempli hier matin

Malgré l'ouverture d'une nouvelle matinée de distribution, les locaux des Restos du cœur n'ont pas désempli hier matin

 

Les chiffres sont sans appel. En juin, la Croix-Rouge soutenait une trentaine de familles. Chaque semaine, elles sont maintenant une cinquantaine à venir frapper à la porte de l'association. « Cette recrudescence a été complètement subite au début de la période estivale. Une vingtaine d'inscriptions ont été enregistrées en seulement quelques semaines. Nous avons été obligés d'établir un planning pour organiser la distribution de nourriture », souligne Joël Fadin le président de la section locale. Aux Restos du cœur, Jacqueline Maucourt et ses bénévoles ont vu affluer une vingtaine de bénéficiaires supplémentaires lors du lancement de la campagne hivernale.

Désormais, 88 familles affluent lors des deux distributions de nourriture hebdomadaires. « Nous aidions 65 familles à la même époque en 2009 », note Jacqueline Maucourt. Si les années précédentes l'augmentation du nombre de bénéficiaires avoisinait les 10 %, les 20 % sont largement dépassés cette année.

Alors comment expliquer cette montée de la précarité à Nogent-sur-Seine ? Au plus près des personnes en difficulté, Joël Fadin avance plusieurs pistes à défaut de certitudes. « Les profils que nous voyons défiler sont très variés. On reçoit toujours autant de familles monoparentales, bien souvent des femmes. Les personnes âgées qui touchent une faible retraite sont également toujours présentes. On rencontre aussi des personnes au chômage qui arrivent en fin de droits ». Joël Fadin voit aussi depuis quelques années des gens qui sont encore sur le marché de l'emploi faire appel à l'aide de son association. « Cela touche surtout ceux qui travaillent à temps partiel. Avec les charges, elles ont du mal à s'en sortir ».

 



Nouvelles organisations

 



Aux Restos du cœur, Jacqueline Maucourt accueille un public similaire et avance une explication complémentaire. « De plus en plus d'habitants de la banlieue parisienne s'en éloignent pour trouver un logement moins onéreux. » Elle note également la présence accrue des jeunes. « Sans emploi, ni RSA, ni chômage, c'est très difficile »

En attendant, les associations doivent gérer cette recrudescence du nombre de demandeurs et s'organiser.

« Nous avons été obligés d'établir un planning pour organiser la distribution de nourriture », souligne Joël Fadin. Les Restos du cœur, quant à eux, ont dû ouvrir une demi-journée supplémentaire.

Désormais, les colis sont distribués le mardi après-midi et le jeudi matin. Dans ces associations où le manque de places est criant, il ne faudrait pas que le phénomène s'amplifie.

Mathieu GIBET  

            article EST  ECLAIR  30 NOVEMBRE 2011

Restos du cœur : toujours plus de bénéficiaires

 

C'est la dernière campagne que les Restos du cœur nogentais devraient mener dans leurs locaux de la rue Saint-Époing

C'est la dernière campagne que les Restos du cœur nogentais devraient mener dans leurs locaux de la rue Saint-Époing


Nogent-sur-Seine- À l'issue du premier jour de distribution, hier, l'association comptabilisait 76 inscriptions. Soit 11 familles de plus que l'an dernier

 

Hier, les Restos du cœur de Nogent ont démarré une nouvelle campagne d'hiver rue Saint-Époing. En plus de ses murs habituels, la Ville a mis à disposition cette année un autre local de l'autre côté du porche, en attendant un déménagement de l'association qui avait été programmé initialement en juillet dernier.
« Dans la nouvelle partie, nous réalisons l'accueil ainsi que la distribution de produits pour bébé et ce que l'on donne en dehors des points qui sont attribués aux bénéficiaires, comme le lait, le pain », précise Jacqueline Maucourt, la responsable du centre. « Cet espace supplémentaire nous permet d'avoir moins de monde qui attend dans les couloirs. »
Et pour éviter les rushs à certains moments de la journée, «nous continuons à organiser la distribution sur deux jours, les mardis et jeudis, en fonction de créneaux horaires ».
L'association a achevé ce premier jour de campagne hivernale 2011, avec 76 inscriptions. « Par rapport à l'an dernier, ça représente 11 familles de plus. Nous avons accueilli de nouvelles personnes qui sont au chômage en fin de droits. Nous avons aussi des retraités et beaucoup de familles monoparentales. »
Comme cette jeune maman qui a fait appel pour la première fois aux Restos du cœur cette année. « Je vis seule avec trois enfants. J'ai été licenciée fin septembre, et je n'ai pas retrouvé de travail. La CAF paie mon loyer mais après, je n'ai plus rien pour manger », raconte cette habitante du Nogentais qui a aussi trouvé du réconfort auprès de la Croix-Rouge.

105 familles bénéficiaires l'an dernier


D'année en année, le nombre de bénéficiaires des Restos ne cesse d'augmenter. « Quand j'ai commencé à être bénévole il y a quatre ans, nous aidions 58 familles. La deuxième année, elles étaient 70, puis 80 ou 85 et 105 l'an dernier. Je pense que nous allons avoir encore du monde cette année », prévoit Jacqueline Maucourt.
« Hier matin (ndlr lundi), c'est inouï le nombre de personnes qui sont venues pour s'inscrire après avoir vu les reportages sur la reprise de la distribution. » Et de s'attendre à d'autres appels de détresse : « Nous avons des habitués qui ne nous ont toujours pas sollicités. La mairie a aussi reçu des demandes de jeunes sans travail que nous n'avons pas encore vus. »
Pour l'instant, le centre nogentais a du stock. « Le premier mardi, nous avons le double de stock car nous ne savons pas exactement le nombre de repas à distribuer. Il vaut mieux avoir des réserves en début de campagne pour ne pas se retrouver sans rien. »
Si le stock est au rendez-vous en ce début de campagne, l'association manque en revanche cruellement de bénévoles. « Nous sommes douze actuellement, ça fait trop juste. Il faudrait être six de plus. »
Toutes les personnes qui souhaiteraient rejoindre l'équipe des Restos du cœur, peuvent se rendre dans les locaux de l'association, rue Saint-Époing, le mardi de 9 h 30 à 16 h 30 et le jeudi de 9 h à 12 h ou téléphoner au 03 25 24 80 97.

Laurianne PERMAN